Le témoignage de Marie-Laure.

Je vous laisse découvrir le témoignage de Marie-Laure que j’ai trouvé très touchant, je lui souhaite tout le bonheur qu’elle mérite, et je ne doute pas un seul instant que l’amour rentrera dans sa vie très prochainement. Bonne lecture :).

Marie-Laure peux-tu te présenter ? 

Je m’appelle Marie-Laure, je suis une travestie de 38 ans vivant actuellement dans la région Centre.  Je vis seule depuis 10 ans après quelques années de colocation.

Professionnellement j’ai connu beaucoup d’emploi dans des secteurs comme la restauration rapide et la grande distribution. J’ai fini par reprendre des études et suis actuellement professeure de Science dans un établissement scolaire. A l’instar de mon travail, mon lieu de vie témoigne d’une certaine instabilité. J’ai déménagé quasiment tous les ans depuis que j’ai 20 ans. Je suis passée par plusieurs grandes villes avant de m’établir la ou je réside actuellement, en suivant les opportunités professionnelles. 

Passionnée de nature, de sciences et d’histoire. La lecture et la cuisine sont deux de mes passe-temps favoris. Sur un plan plus relationnel, je me sens bisexuelle même si je suis beaucoup plus attirée par les hommes. Ma vie amoureuse et sexuelle est quasiment inexistante. Je n’ai jamais vécu en couple et garde des souvenirs pour le moins mitigés des quelques rencontres que j’ai pu faire grâce à internet. 

Ma vie actuelle est en quelque sorte déchirée en deux. J’ai appris à « faire l’homme » que j’affiche professionnellement et dans mes relations avec mes proches. Et je suis Marie-Laure dès que je regagne la sécurité de ma solitude. Cette situation m’est malgré tout de plus en plus insupportable. 

Depuis combien de temps as-tu envie de te sentir femme ?

J’ai commencé vers mes 7 ans, J’enviais les robes de mes soeurs, leurs coiffures. Puis de fil en aiguille, j’allais subitiliser dans ses placards et ses tiroirs de plus en plus de vêtements  féminins que je portais avec ravissement dès que je le pouvais. De cette époque je ne retiens que ces petites bouffées d’air frais dans une atmosphère que ma culpabilité rendait irresspirable. Je me suis faite surprendre une ou deux fois sans que mes parents n’osent jamais aborder le sujet frontalement avec moi. Je me surprends parfois à le regretter.

Pendant 20 ans, j’ai combattu de toutes mes forces ces « tendances » que, grâce à une éducation très religieuse, je considérais comme abominables. Pour vivre ce que je ressentais en moi sans parvenir à le formaliser, j’ai acheté dès que j’ai pu des vêtements féminins, mais je vivais très mal le regard des autres sur moi. Je ressentais un besoin irrepressible d’être féminine. Mais dans les magasins je souffrais d’être vue et jugée. J’avais le sentiment d’être vue comme quelqu’un de pervers et j’en ai conçu une grande peur du regard des autres. Parfois ma culpabilité était plus forte, je m’accrochais alors au faux espoirs de pouvoir « guérir » un jour, qu’une vie « normale » était possible. Mes affaires passaient alors à la poubelle. Et quelques jours plus tard le même cycle recommençait. Ce malaise, ce sentiment d’être enfermée, coincée dans une impasse, ne faisait que grandir et générait une grande instabilité émotionnelle qui n’était pas sans conséquences sur ma vie professionnelle et personnelle. 

Vers 27 ans après une crise importante et une période de dépression, j’ai fini par comprendre que je n’étais pas responsable de ce besoin vital d’être une femme. J’ai réalisé que culpabiliser finirais par me conduire au suicide. Or je voulais vivre. C’est à ce moment là que finalement j’ai vraiment pris conscience de ma nature féminine. J’ai vécu cette étape décisive comme une véritable libération.  

Après cet évenement, j’ai vécu les choses plus paisiblement sur un plan personnel. Je suis devenue Marie-Laure, apprenant à me découvrir et à finalement laisser vivre et s’épanouir tout ce que j’avais passé tant de temps à réprimer. 

Est-ce une envie ponctuelle, permanente ? 

Ce besoin d’être Marie-Laure est permanent. Pour prendre une comparaison, j’ai le sentiment de vivre en apnée toutes mes journées, et de finalement pouvoir respirer lorsque je rentre chez moi et que je peux laisser tomber le masque pour être celle que je veux être. Ce qui est difficile aujourd’hui c’est la solitude, je voudrais pouvoir vivre comme une femme normale, avoir une vie sociale et une vie de couple. 

Pourquoi cette envie, qu’est ce que cela te procure ?

C’est une question que je me suis souvent posée sans parvenir à trouver de réponses satisfaisantes. Je suis allé voir une psychologue pendant trois ans à la recherche de réponses à cette question et je me suis cassée le nez. Je me sens juste moi-même et finalement « normale » lorsque je suis Marie-Laure. Si pendant longtemps il m’ a été difficile de savoir qui j’étais vraiment, aujourd’hui je n’ai plus de doute même si la route à prendre est bien-plus difficile.  

Quand as-tu décidé de te travestir pour la première fois ? Pour quelle occasion ? Qu’as-tu ressenti ?

Je ne pense pas avoir choisi quoique ce soit. J’étais trop jeune pour comprendre ce qui m’arrivait. En effet la première fois remonte à mes 7ans. J’ai vécu une série de rêves et d’expériences intimes à la suite de lectures qui m’ont fait une très forte impression. Puis un jour au moment de prendre ma douche j’ai enfilé un des maillots de bain de ma mère. Sur le moment j’ai ressenti une forme plénitude, comme si je me retrouvais, comme si au lieu de mettre un vêtement, j’avais retiré une vieille peau qui m’embarrassait sans que je ne m’en sois rendue compte. Après, c’est la honte et la culpabilité qui m’ont envahie et traumatisée car remettre en cause son sexe de naissance n’était pas acceptable dans mon milieu de vie. 

As-tu des craintes vis-à-vis de la société, ta famille, des appréhensions, une gêne quelconque ?

Personne n’est au courant dans ma famille, et un seul de mes amis sait ce qui m’habite sans que je ne me soit jamais montrée à lui comme Marie-Laure. J’en suis venue à accepter cet état de fait. Je ne veux pas choquer, ni bouleverser les certitudes des gens que j’aime. Je préfère rester à l’écart et garder mes distances. Peut-être qu’un jour je trouverais les ressources pour partir et refaire ma vie comme Marie-Laure. 

Quelles sont les prochaines étapes dans ta féminisation ?

J’avance à mon rythme. Je souhaite dans les mois qui viennent assumer celle que je suis en public et vivre autant que possible comme Marie-Laure. Il ne restera que mon travail comme obstacle et c’est lui que j’aborderais en dernier. Après je ne déséspère pas de faire LA rencontre et de pouvoir moi aussi goûter la joie d’aimer et d’être aimée telle que je suis. 

Pourquoi avoir fait appel à Jennifer, et que t’a-t-elle apporté dans cette étape de ta vie ?

Si au fil des ans j’ai franchi beaucoup d’étapes seule, je voulais m’offrir un moment consacré à ma beauté comme n’importe quelle femme. Je vais depuis longtemps chez l’esthéticienne mais je ne me sens pas encore assez forte pour y aller comme Marie-Laure. Chez Jennifer je savais pouvoir trouver une professionnelle qui ne me jugerais pas. C’était aussi pour moi l’occasion de voyager comme Marie-Laure et de me confronter au monde extérieur. Il  y a des années, j’ai découvert combien un simple regard bienveillant porté sur moi peut me faire avancer. C’est ce regard là que je suis venue chercher et que j’ai trouvé chez Jennifer. 

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