Rose : les joies et les peurs du travestissement

Dans les nimbes

« Bonjour Le Blog, c’est Jennifer ! « 

Le parcours de Rose, que je partage aujourd’hui sur Transbeauté, est une fenêtre ouverte (sans s ‘enrhumer) sur les nuances complexes du travestissement et aussi de la quête identitaire pour certaines.

Dans l’univers du maquillage, où chaque visage révèle une histoire, celui de Rose est marqué par une dualité poignante.

D’une part, il y a la libération et le bien-être qu’elle ressent en s’exprimant à travers le travestissement, un moment de détente et d’excitation où elle peut être pleinement elle-même.

D’autre part, se tisse une toile d’inquiétudes et de doutes : la peur d’être découverte, le questionnement sur la normalité de ses désirs, et cette tentation de tout abandonner pour se conformer aux attentes de la société.

En tant que maquilleuse professionnelle spécialisée dans l’accompagnement des personnes transgenres et travesties, je suis témoin des conflits intérieurs parfois intenses, voir anxiogénes, que vivent mes client.e.s.

Rose exprime ce sentiment partagé par tant d’autres : le désir d’exprimer sa véritable identité tout en craignant les conséquences de cette expression dans un monde qui ne la comprend pas toujours.

Elle évoque aussi le besoin profond de partager et de se connecter avec d’autres qui comprennent son expérience, soulignant l’importance d’une communauté de soutien.

À travers le maquillage, je propose un espace, un lieu, où Rose, et d’autres personnes comme elle·lui, peuvent explorer ces sentiments en toute sécurité, voire même un espace temporel où iel·s peuvent se voir tel·le·s qu’iel·s se sentent réellement, sans crainte ni jugement..

C’est un processus qui va au-delà de la transformation esthétique; c’est une exploration de soi, un acte de courage et un pas vers l’acceptation de soi.

On en reparle en conclusion !

  • Peux-tu te présenter ? âge, genre, situation familiale, profession, ville.

« Bonjour,…

J’ai 32 ans. Je suis un homme célibataire sans enfant. Et travestie occasionnelle. Je suis ingénieur dans la région parisienne. Je suis désolée, je préfère ne pas divulguer mon prénom par peur d’être reconnue. je suis donc…Rose !

  • Depuis combien de temps as-tu envie de te sentir femme, quel a été le premier “signal” de cette envie ?

Je dirais à l’adolescence. J’empruntais de temps en temps en cachette les sous-vêtements de ma mère. Après avec les études l’envie m’est passée. Ensuite depuis mon entrée dans la vie active, je me suis mise à y repenser en fantasmant me travestir.

  • Quand as-tu décidé de passer à l’acte, soit de te travestir pour la première fois ? Pour quelle occasion ? Qu’as-tu ressenti ?

C’est resté seulement à l’étape du fantasme pendant plusieurs années. Jusqu’au jour où je me suis achetée mes 1ers vêtements féminins sur internet il y a quelques années.

Ce que j’ai ressenti à ce moment, une très forte excitation et un plaisir immense.

  • Est-ce une envie ponctuelle, permanente ?

Ponctuelle. Dans le sens je n’ai pas tous les jours envie d’être en femme. J’aime me travestir occasionnellement.

J’avais même jeté il y a quelques années toutes mes affaires de fille car je culpabilisais et je me disais que je voulais passer à autre chose. Mais quelques années plus tard, ce fantasme est revenu. Depuis un an je me suis remise à m’acheter des fringues et je recommence à me travestir occasionnellement. Je dois avouer que ces derniers mois, mon envie d’être en femme se fait de plus en plus régulière. On verra si cette envie s’atténue par la suite.

Mais j’espère être forte la prochaine fois que j’ai l’envie d’abandonner pour éviter de jeter mes affaires.

  • Pourquoi cette envie, qu’est ce que cela te procure ? Pourquoi cette envie, j’avoue que je ne sais pas l’expliquer. Je me pose moi même la question. Des fois je me dis que ce n’est pas « normal » et que je devrais tout arrêter.

Mais bon j’essaye de ne pas me prendre la tête et de voir cela comme un loisir que j’aime faire. Donc lorsque j’ai envie je le fais. Et je vis très bien comme ça. Ce que je suis sûre c’est que j’aime m’habiller en femme et j’aime me sentir femme. Ça me détend. C’est excitant aussi. Et j’ai une sensation de bien être.

  • As-tu des craintes vis-à-vis de la société, ta famille etc… des appréhensions, une gêne quelconque ?

Oui beaucoup. Personne n’est au courant que je me travesti. Et ça me va très bien comme ça. J’ai une peur bleue d’être découverte par mon entourage. Je souhaite que ça reste mon secret. Même si j’aimerais avoir quelques amies filles hors de mon entourage actuel avec qui partager mon secret.

Pour l’instant je n’ai jamais encore osé sortir en femme. J’ai très peur du regard des autres. J’essaye quand même de surmonter cette peur en me faisant quelques sorties en homme mais en portant des vêtements femme plutôt androgynes. Je suis très stressée à chaque fois mais ça s’est toujours bien passé. Je suis même arrivée chez Jennifer en portant une tenue très androgyne. Venue en voiture, je n’aurais pas portée la même tenue si j’étais venue en train.

  • Quelles sont les prochaines étapes dans ta féminisation (s’il y en a à venir), ou des envies que tu n’as pas encore testées mais qui te plairaient ?

Jusqu’à maintenant je me contentais de me travestir seulement avec les vêtements. Maintenant je compte bien mettre en pratique les conseils de Jennifer que j’ai reçu grâce au cours de maquillage. Je vais essayer de me maquiller le plus souvent possible pour me perfectionner dès que j’ai du temps libre.

Je vais essayer de prendre plus soin de mon corps également. Faire des épilations régulières. Avoir une routine soin du corps pour avoir une peau lisse comme les femmes.

Autre chose que j’aimerai bien faire, c’est sortir en femme. Pour l’instant j’ai trop peur de le faire toute seule. Donc je pense que je te contacterai Jennifer lorsque je serai prête.

Ah et il faudrait que je me mette au sport aussi. Pour perdre mon petit ventre et avoir un beau fessier. Mais ça je ne suis pas sûr de pouvoir y arriver car je ne suis absolument pas sportive hahaha.

  • Pourquoi avoir fait appel à moi, et qu’est-ce que je t’ai apporté dans cette étape de ta vie, si je t’ai apporté quelque chose ?

J’avais peur de me lancer dans le maquillage et je ne savais pas comment commencer. Tu m’as expliqué les différentes étapes et tu m’as guidé tout au long du cours. Ça va m’aider à être plus féminine lorsque je me travesti.

Je voulais savoir aussi quels vêtements me vont dans ma garde robe. Lorsque tu as complimenté mon choix de vêtements en disant qu’ils étaient beaux, j’étais contente et ça m’a rassuré.

Et la séance photo, j’ai adoré. Je me suis vraiment sentie femme pendant ce moment. Encore merci Jennifer.

-Quelle anecdote peux-tu nous raconter suite à cette séance ? ou comment te sentais tu après cette séance ? Qu’as tu fait tout de suite après nôtre rencontre ?

Lorsque je suis rentrée chez moi, je ne me lassais pas de regarder toutes les photos que tu as prises. Elles sont superbes !

Merci Rose !

L’histoire de Rose est un miroir des émotions contrastées que beaucoup de mes clientes m’expriment.

Son histoire nous rappelle que le chemin vers l’acceptation de soi, en particulier dans le contexte du travestissement et de la transidentité, est souvent pavé de doutes, de craintes, mais aussi de moments de joie et de libération.

À travers Transbeauté, je m’efforce de créer un havre où ces sentiments peuvent être explorés et embrassés en toute sécurité.

Rose, à travers son témoignage, révèle une réalité profonde : le besoin d’être entendu.e, compris.e, et d’exprimer librement son identité sans crainte de jugement ou de répercussion.

En tant que maquilleuse professionnelle, je constate que mon rôle s’étend très souvent, presque inévitablement ;-), au-delà de la simple application de produits cosmétiques.

Naturellement, cela me conduit à partager un soutien, à offrir une écoute attentive et émotionnelle, et à devenir un point de repère dans le parcours, parfois (souvent) complexe et intimement personnel de chacune d’entre vous.

Transbeauté évolue !

Je constate une tendance croissante où de nombreux clients partagent leurs histoires sans souhaiter apparaître sur le blog, je le comprends.

Mon blog va évoluer et je me dirige vers une nouvelle phase du blog de Transbeauté.

Je vais continuer à poster des témoignages, avec ou sans photos, bien qu’ils seront moins fréquents.

Mon attention se portera davantage sur le partage de conseils et sur l’accompagnement, enrichi par mon expérience croissante auprès des personnes travesties et transgenres.

Chez Transbeauté, nous célébrerons toujours chaque étape de ce voyage vers « votre féminin », « offrant non seulement des compétences techniques en maquillage, mais aussi une compréhension empathique des luttes et des triomphes de vous toutes.

Je suis ici pour accompagner des personnes comme Rose, comme vous qui me lisez, à chaque pas, dans leur quête pour aligner leur apparence extérieure avec leur vérité intérieure, et pour les aider à trouver la paix et la joie dans leur propre peau.

Jennifer

L’album de Rose

  • "Professionnalisme avec une Touche Personnelle"
  • "Sérénité et Assurance chez Transbeauté"
  • Confiance Reflétée
  • "Elégance Réfléchie chez Transbeauté"
  • Tournée vers le ciel et ses rêves..
  • "Moment de Réflexion en Noir et Dentelle"
  • Relaxation et Style sur canapé turquoise
  • "Confiance et Élégance : Le Repos de Rose"
  • "Elégance en repos"
  • "Portrait de Confiance"
  • Authenticité Capturée: Un Moment avec Rose

2 thoughts on “Rose : les joies et les peurs du travestissement

    • Je dois apporter un commentaire selon moi essentiel. « On s’y retrouve toutes » Non, je ne me retrouve pas du tout. Si je comprends facilement les ressentis exprimés par Rose, je ne m’y retrouve en rien pour autant. J’ai lu dans les mois passés d’autres témoignages qui s’opposent en tout à mon expérience, et même à mes motivations. Que l’on me comprenne bien : il n’y a pas de vérité, ni de hiérarchie, juste des passés, des vécus différents. Ce qui m’ennuie dans cette idée, (« on s’y retrouve toutes ») c’est qu’elle accrédite le fait qu’il y aurait des fatalités dans le travestissement, la transidentité, la transition. Il n’y en a aucune. Il y a, dans les expériences de chacune, des points communs, plus ou moins, parfois beaucoup, parfois peu, parfois aucun. Sur Facebook il m’arrive très régulièrement de lire des publications, ou des commentaires, qui globalisent, généralisent. Je m’élève régulièrement contre cette façon d’envisager le sujet. Comme je le fait ici. Je ne voudrais pas que celles qui sont dans des questionnements pensent qu’il va leur falloir inéluctablement affronter toutes ces fatalités.
      Je veux aussi dissiper un malentendu potentiel. Si je récuse l’idée de fatalité, je ne suis pas en train de dire que tout est facile. Loin de là. Certaines décisions sont difficiles, parfois on hésite ou on rebrousse chemin, les décisions doivent parfois être prises sous la pression d’événements inattendus. Si je réfute la fatalité, je n’ignore pas la complexité ni les difficultés, les imprévus qui peuvent se présenter.
      Claude.

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