Dans ce témoignage, Camille partage un parcours qui parlera, je crois, à beaucoup de clientes Transbeauté.
Il y a presque tout ce que j’entends très souvent au studio : les premiers essais de bas ou de collants en secret, les achats sur Internet, la peur d’être découverte, les sorties seule la nuit, le doute sur sa crédibilité, mais aussi cette envie très forte de voir enfin apparaître une féminité plus juste, plus élégante, plus assumée.
Je me permets d’ailleurs une parenthèse importante : sortir seule la nuit peut sembler plus rassurant, car il y a moins de monde. En réalité, je le déconseille totalement. C’est contre-intuitif, mais on est souvent plus vulnérable seule, tard, dans une rue vide, qu’en pleine journée au milieu de la foule.
Camille évoque aussi un autre phénomène que beaucoup connaissent : la “purge”. Ce moment où l’on jette vêtements, chaussures, maquillage ou lingerie, souvent sous le poids de la peur, de la honte ou de la culpabilité. J’en parle dans un article dédié, car c’est une étape que beaucoup traversent avant de comprendre qu’il ne s’agit pas d’un caprice, mais d’un besoin profond qui revient.
Je m’arrête là pour ne pas trop dévoiler son récit.
Merci Camille pour ce témoignage sincère, doux et très touchant.
Camille : une présentation en toute discrétion
Âgé d’un peu plus de soixante ans, habitant la région parisienne, j’ai longtemps travaillé dans l’édition et continue d’y faire quelques missions. Je vis en couple hétérosexuel, mais j’aime me travestir en femme dès que je le peux, ce qui n’est pas facile parce que personne n’est au courant parmi mes proches.
Le premier désir de féminité
Aussi loin que je remonte, dès mon adolescence, j’ai toujours été séduit par l’allure des femmes, par leur silhouette et leurs courbes, par leurs jambes magnifiées par le port de bas et de talons hauts.
Au point de m’identifier au personnage joué par Charles Denner dans le film de François Truffaut L’Homme qui aimait les femmes, qui affirmait que « les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie ».
Au point de vouloir progressivement ressembler à toutes ces arpenteuses.
Les premiers essais en secret
Ce n’est pourtant qu’assez tard que j’ai fait mes premiers pas en ce sens. Tout d’abord en mettant des bas ou un collant, chez moi quand j’étais seul, puis sous mon pantalon en allant travailler, surtout quand il m’arrivait de voyager. J’aimais beaucoup cette sensation et le goût du risque que je pensais ainsi prendre.
J’ai commencé aussi à tenter de me maquiller, mais bien maladroitement. Puis, progressivement, je me suis acheté des chaussures — pas facile vu ma pointure —, des vêtements, un peu de lingerie, parfois en centre commercial, le plus souvent sur Internet.
J’ai connu des périodes où je m’habillais en femme chaque fois que je pouvais être seule pour un temps suffisamment long, mais aussi des périodes où, comme beaucoup, je me trouvais ridicule et jetais tout… jusqu’à ce que je ne puisse résister à retourner faire des achats en magasin ou sur Internet.
Les premières sorties de nuit
Ce n’est qu’après avoir acheté une perruque que j’ai osé sortir en femme, mais la nuit seulement. J’aime conduire en tenue féminine et en talons. Je me suis risquée parfois à marcher dans des rues désertes ou très peu fréquentées à une heure avancée de la nuit.
J’aime le bruit de mes talons, et surtout le mouvement de l’air ou du vent sur mes jambes, sous ma jupe, le reflet de ma silhouette dans les vitrines…
La peur d’être démasquée
Je n’avais jamais pour autant osé sortir en plein jour, de peur d’être démasqué. Je n’ai parlé de ce désir de féminité, et du plaisir éprouvé à me découvrir et me sentir femme, à personne de mon entourage. Je sais que ma compagne ne comprendrait ni n’accepterait cela, et que mes proches y verraient quelque chose d’anormal.
Je n’ai d’ailleurs pas envie d’être toujours en femme et apprécie également la vie au masculin. J’aimerais néanmoins avoir plus d’occasions de me voir et d’essayer de me comporter en femme.
Le besoin de se montrer enfin
Je ne me trouve pas toujours crédible, mais j’apprécie de contempler mes longues jambes gainées de noir et rehaussées par des escarpins. Et j’ai de plus en plus envie de me montrer ainsi, de prendre le temps de rencontrer des consœurs, d’échanger sur ce qui nous émeut, nous fait nous dépasser et explorer d’autres sensations, d’autres sentiments.
La découverte de Transbeauté
C’est dans ce cadre que, lors de recherches sur la toile, j’ai découvert par hasard le site Transbeauté. Un premier rendez-vous avait été fixé avec Jennifer, que celle-ci a dû décommander parce qu’elle était souffrante. Il m’a fallu attendre plusieurs mois pour être en mesure de prendre un nouveau rendez-vous, qui a eu lieu fin septembre.
Son accueil a été très chaleureux, très sympathique, et j’ai donc passé trois heures dans son studio et entre ses mains expertes. Après un maquillage professionnel et tout en douceur, elle m’a fait essayer plusieurs perruques, de manière à trouver celles qui m’allaient le mieux — bien mieux que la seule que j’avais jusque-là à ma disposition — et faisaient ressortir ma féminité avec élégance.
Puis ce fut une séance de photos dans son appartement et dans son jardin, que je me réjouis de regarder fréquemment depuis. J’en joins quelques-unes à ce témoignage. Jamais je ne m’étais sentie aussi bien ni aussi belle en femme, portée par un regard et des paroles très bienveillants.
La première sortie en plein jour
Alors que j’avais pensé tout défaire après la séance pour repartir en homme, Jennifer a su me convaincre de n’en rien faire et de tenter l’aventure de repartir en femme.
J’ai ainsi pu, grâce à elle, oser aller faire quelques achats dans un centre commercial, puis marcher en jupe et talons dans plusieurs quartiers de Paris, sans entendre aucune remarque ni susciter aucun regard désapprobateur — du moins ne les ai-je pas perçus.
Un grand merci à Jennifer pour son travail, ses conseils et ses paroles douces et encourageantes, qui m’ont permis une telle expérience, que je n’aurais sans doute pas faite sans elle, et que j’espère bien renouveler dès que j’en aurai la possibilité.
Une prochaine étape ?
Et une prochaine étape, peut-être, pourrait être de me joindre à une soirée-rencontre entre consœurs pour échanger sur nos désirs de féminité, entre douceur et audace, pour vivre de nouvelles expériences, entre bienveillance et dépassement de soi.
Alors, à bientôt ?
Un immense merci à Camille pour ce témoignage si sincère.
Je suis très touchée par sa confiance, par sa façon de raconter ce chemin intérieur, ses hésitations, ses peurs, mais aussi cette joie immense de se découvrir enfin autrement.
Et oui, je suis heureuse d’avoir insisté un tout petit peu pour qu’elle ose franchir le pas de la sortie en public. Je sais à quel point ce moment peut être fort. Marcher en femme, en plein jour, dans un centre commercial ou dans les rues de Paris, sans se cacher, produit souvent une excitation inoubliable. C’est un mélange de trac, de liberté, de vertige et de bonheur.
Bien sûr, chaque personne avance à son rythme. Mon rôle n’est jamais de forcer. Il est d’accompagner, de rassurer, de guider, et parfois de donner la petite impulsion qui permet de vivre une expérience que l’on n’aurait pas osée seule.
Si vous aussi vous rêvez de vous voir en femme, de bénéficier d’un maquillage professionnel, de trouver la perruque, la tenue ou l’allure qui vous ressemble, ou simplement de vivre une première sortie accompagnée, contactez-moi.
Chez Transbeauté, vous êtes accueillie avec bienveillance, douceur et discrétion.
Osez prendre rendez-vous. Votre féminité mérite peut-être, elle aussi, son premier vrai moment de liberté.
L’album de Camille
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Bonjour à toutes,
je rebondis sur la parenthèse importante de Jennifer. Je vous le dis aussi, j’insiste. Ne sortez pas seule la nuit, dans un endroit désert, au prétexte que vous appréhendez cette sortie. C’est très dangereux pour plusieurs raisons.
De façon générale c’est dangereux pour une femme cis aussi. Lorsque l’ion est seule on attire l’attention, mécaniquement.
En particulier c’est dangereux pour un travesti débutant qui sera identifié au premier regard.
Préférez l’anonymat d’une grande ville, d’un endroit fréquenté, le jour. Même dans ce cas la tranquillité des femmes n’est pas garantie alors isolée et en pleine nuit …
Bonjour à toutes,
« Un mélange de trac, de liberté, de vertige et de bonheur ». On ne saurait mieux résumer. Merci pour ces mots parfaits, Jennifer…
N’y tenant plus, à moment donné, j’ai fini aussi par forcer les choses et sortir, d’abord en fin de journée, l’hiver, quand il y a encore du monde dans les rues, puis en plein jour, la nuit étant, en effet, faussement rassurante, on le sent vite (ce qui fait comprendre de l’intérieur le vécu et les appréhensions de nos sœurs cisgenres!). Et j’ai, pour l’instant, eu cette chance de « passer », comme on dit, et de m’enhardir, prenant peu à peu confiance. Mais tout cela est très compliqué à vivre, pour des raisons contextuelles que beaucoup parmi nous partagent.
C’est un bien beau et émouvant témoignage que celui de Camille (merci d’avoir rappelé la sublime citation du film de Truffaut sur les jambes des femmes!). Et j’éprouve, comme elle, ce souhait d’échanger, de temps à autre, avec quelques-unes, sur ce que nous sommes, notre singularité, notre perception, et sur, qui sait, d’éventuels projets qui pourraient naître, autour déjà d’un café ou d’un verre, en un lieu un peu neutre ou bienveillant, pour décrisper celles (dont je suis), qui auraient du mal encore à franchir certains pas supplémentaires… Est-ce une possibilité concrétisable ? Peut-être cela existe-t-il déjà ?