Dominique, travesti en quête de féminisation : voici son histoire

Dominique m’a contacté pour l’accompagner dans une étape importante de sa vie : sa féminisation. Lors de notre RDV, il m’a fait part de son histoire, du moment où il a commencé à se travestir et à vouloir exploiter toute cette féminité qui sommeille en lui. Je lui ai demandé de revenir dessus plus en détail pour aider celles et ceux dans ce même cas de figure. C’est une belle personne que je suis ravie d’avoir rencontré. Son récit est aussi touchant qu’inspirant.

Dominique peux-tu te présenter ?

Dominique est mon véritable prénom et c’est bien la seule chose qui me convienne chez moi. Je viens tout juste d’entrer dans la soixantaine depuis ce 22 juin 2019. Je vis dans un petit village entre Vitry-le-François et Chalons-en-Champagne.

Sexe, et bien je suis en phase de très grandes interrogations surtout depuis mon premier RDV avec Jennifer où j’ai entrepris un processus de féminisation. Je ressens en moi comme une abdication intérieure où elle aurait déterré un inavoué enseveli.

Autour de moi, je n’ai jamais souhaité fuir mes responsabilité pour assurer une éducation permettant une existence digne à deux fausses jumelles de 29 ans ; une fille de 26 ans et deux vrais jumeaux de 18 ans.

Je vis avec la première femme qui m’a couru après. Par trois fois j’ai voulu rompre parce-que je percevais des erreurs d’aiguillage et que je suis allée rechercher parce qu’elle pleurait.

Mes filles ont découvert ma première et véritable féminisation suite à une publication à ma demande de Jennifer sur Facebook, ce qui a permis un riche dialogue. Quel soulagement mais quel véritable défi à la fois. Faire tomber des barrières et ouvrir les portes trop étroites.

Mon métier est derrière moi, j’ai eu la chance de pouvoir évoluer en fonction des principaux besoins familiaux : se nourrir convenablement et ne pas avoir froid. A m’analyser, j’aurai pu faire mieux professionnellement si j’avais eu confiance en moi sans me dévaloriser. Je suis à la retraite un peu par obligation mais j’ai retrouvé un emploi de chauffeur livreur en parallèle.

Depuis combien de temps as-tu envie de te sentir femme ?

Depuis toujours et j’ai compris pourquoi. La recherche de la mère absente trop occupée en un monde agricole et une famille nombreuse. Avec le deuil d’un enfant surdoué impossible à faire puisque le deuil de la mort d’un enfant pour des parents est impossible à réaliser. Avec mon double, nous étions confiés aux voisines d’à côté, d’en face, esprit d’entre-aide des campagnes où tout le monde s’accordait à nous voir heureux. Ce besoin d’avoir une poitrine ; de porter des sous-vêtements féminins ; bas, collants, porte-jarretelles, recouverts d’une très chic et belle combinaison de soie, de satin, de nylon pour leur douceur et la tendresse qu’ils me procurent sous une très jolie et élégante robe vient de cette recherche de la mère trop occupée, trop absente à mon sens. Le désir d’avoir des seins en forme de poire sans doute un complexe de femme. Tout commence par le manque d’amour.

Est-ce une envie ponctuelle, permanente ? 

Aujourd’hui, cette envie est permanente et me vient en écho la conversation avec l’une de mes filles après sa découverte de ma première et véritable féminisation avec Jennifer. Que tu te rendes une fois par mois à Paris pour être femme je l’accepte mais j’ai peur de la dépendance et que cela aille trop loin. Combien elle a raison !

Cette envie était ponctuelle car je la canalisais avec des voyages en vélo à travers L’Europe et le port de collant était une toute petite compensation ; Ne pas fuir mes responsabilités, un combat permanent contre moi-même où peut-être j’ai acquis une force de persévérance. Et puis ponctuelle parce qu’en face se retrouve une éducation judéo-chrétienne avec un parrain curé. Avoir 20 ans en 1979 n’est pas la même chose qu’avoir 20 ans en 2019. Nous ne ressemblons pas à nos parents, nous ressemblons à notre époque. Le progrès d’aujourd’hui sera la tradition de demain.

Pourquoi cette envie, qu’est ce que cela te procure ?

Un épanouissement, un immense bonheur ; une confiance en moi. Je ne me dévalorise plus ; J’aime mon corps ; Je souris et je me trouve belle ; J’aime la vie.

Etre femme ; un accord en mes désaccords. Je me détache de mon double ; l’imaginer ne me fait plus souffrir. Comme ne me fait plus souffrir la chevelure, une poitrine, les traits fins et doux d’une belle femme ; En somme je m’appartiens.

Quand as-tu décidé de te travestir pour la première fois ? Pour quelle occasion ? Qu’as-tu ressenti ?

Enfant j’allais rechercher les habits de ma mère dans la corbeille de linge sale pour enfiler ses robes et ses collants jusqu’à ce qu’elle s’en aperçoive. La remontrance, la crainte du père, l’interdit que l’on affronte. Un bonheur, une joie et pourtant qu’ils étaient affreux ses habits de fermière. Je me souviens de TOUT. Ensuite des habits que l’on cache, que l’on jette, que l’on recache et que l’on rejette ; La peur du flagrant délit. Aujourd’hui tout serait différent. A cela s’ajoutait l’enfant fragile et sensible que j’étais et qui était doublement surveillé par la famille entière et plus encore.

As-tu des craintes vis-à-vis de la société, ta famille, des appréhensions, une gêne quelconque ?

A la découverte de ma première et véritable féminisation par mes filles sur Facebook , cela s’est relativement bien passé. De belles discussions se sont engagées. Avec l’une de mes filles dotée d’un BAC + 5 et de beaux diplômes de l’école des beaux arts ; elle a acquis le sens critique et ne manque jamais d’arguments quel que soit le domaine. Tout était réunit pour un débat explosif. Et puis non, tout est rentré dans l’ouverture d’esprit pour tout le monde.

Après, en achetant un jour des bas sur leboncoin, je n’ai pas menti en expliquant à la vendeuse que c’était pour moi. Et à ma grande surprise, cette jeune femme a apprécié ma sincérité. A mon sens, aujourd’hui une génération de jeunes femmes trentenaire, quadra trouvent touchant qu’un homme accepte de dévoiler son côté féminin comme la femme possède un côté masculin. En tout cas ces femmes l’admettent et lorsqu’elles sont diplômées le comprennent encore mieux et plus encore lorsqu’elles ont suivi des études littéraires. Après côté mec, un macho demeure un macho.

Pour les amis et bien c’est très simple. Il suffit de se rappeler ceci. Si un jour, tu me dis que je ne suis plus ton ami, c’est que je ne l’ai jamais été.

Pour la société ? Qu’est ce que la société aujourd’hui. A tort ou à raison la société se fragmente, se dilue, se compose et se recompose. Qui peut dire demain ? Le présent est assez compliqué, essayons de faire le mieux possible et de notre mieux. Et puis comprendre que l’homme au sens humanité est un être faillible et imparfait. Parce le jugement est le propre de l’homme qui ne sait tenir sa langue, nous sommes jugés en permanence, pour un emploi, un comparution au tribunal, pour un excès de vitesse, au cours d’un repas de famille. Alors un homme se sentant femme, désirant être femme et vivre comme tel, je me doute que je ne passerais pas au travers des mailles du filet.

Quelles sont les prochaines étapes dans ta féminisation ?

A l’inverse de Jennifer dont la pensée est qu’il n’est jamais trop tard. Ma pensée serait  << il est bien plus tard que l’on ne croie >>. Et je profite de dire aux passantes sur Transbeauté de se souvenir de toujours oser. Cette première et véritable féminisation a fait émerger la femme ensevelie en moi.

Aujourd’hui, j’ai envie de revoir régulièrement Jennifer pour apprendre à me maquiller ; me sentir belle, épanouie et femme et acquérir la justesse des gestes féminins, l’harmonisation des couleurs et des tons. Parvenir à me maquiller en compagnie de femmes serait une belle réussite pour moi.

Ensuite d’avoir une garde-robe élégante et de bon goût où la femme est magnifiée, me permettre de sortir à l’extérieur librement, sourire et être heureuse car j’ai confiance en moi et je ne me dévalue pas.

Ne pas perdre Jennifer car c’est une femme Merveilleuse, au cœur énorme et aux mains ouvertes. Rencontrer une personne avec laquelle je me sentirai bien où nous pourrions partager une chambre pour se préparer et sortir à l’extérieur bien éloigné de cette parole d’une femme médecin qui me conseillait de m’habiller en femme dans les toilettes.

Et puis, rencontrer une femme à la grande ouverture d’esprit où je serai femme pour un lien social comme faire son ménage pour qu’elle puisse profiter de temps libre pour son bien-être.

Pourquoi avoir fait appel à Jennifer, et que t’a-t-elle apporté dans cette étape de ta vie ?

Tout d’abord, celle d’être réellement accompagnée pour éviter les erreurs de goûts avec des robes,jupes,pantalons, sous-vêtements qui ne conviennent pas, d’apprendre à me maquiller et acquérir la justesse des gestes féminins sur les conseils de Jennifer et pour ne pas être seule pour faire éclore ma féminité exacerbée;

Au-delà de ça, j’ai rencontré une belle personne. Jennifer, c’est l’amie au féminin que l’on recherche depuis TOUJOURS sans doute pour parler de soucis de femme, parfois tout me semble comme une évidence.

Jennifer, c‘est une femme de grande valeur, une belle écouteuse, un amour magicien, une complicité, la femme présente pour partager des choses que personne d’autre ne comprendrait. A ses côté on y ressent l’amour de l’Autre, elle encourage, elle soutient, elle aide, elle accompagne, elle défriche et elle  laboure pour ensuite semer l’amour pour que puissent fleurir des sourires sur nos visages et les partager. Elle me fait franchir des barrières, me fait comprendre le sens du mot acceptation. Et quelle différence à porter des vêtements féminins en cachette.

7 commentaires sur « Dominique, travesti en quête de féminisation : voici son histoire »

  • Quel émouvant témoignage !
    Nous nous ressemblons beaucoup.
    Un parcours très similaire au mien avec quelques différences.
    Une mère pas vraiment absente, plutôt trop présente …
    Si j’avais eu 20 ans maintenant et pas dans les années 70, ma vie aurait certainement bien différente.
    Peut-être que nos voies parallèles se rencontreront un jour !

  • Comme j’aime aider guider accompagner une féminisation
    Bravo à toutes d’oser et de faire vivre la femme la fille qui est en vous
    Amitié à tous

  • Comme j’aime aider guider accompagner une féminisation
    Bravo à toutes d’oser et de faire vivre la femme la fille qui est en vous
    Amitié à tous

  • Ma chère Dominique,
    je te remercie personnellement mais aussi au nom de transbeauté pour ton témoignage très touchant, merci pour tout ce que tu fais , à très vite.
    Jennifer.

  • Merci Dominique ! Je suis en cours de féminisation depuis 2 ans et j’en ai 50… J’en rêve depuis mon adolescence et je pensais qu’il était bien trop tard pour m’y mettre. Tu viens de me prouver le contraire. Je vais faire le nécessaire pour rencontrer Jennifer.

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