Laura, une transition de genre en cours

Laura fait partie de mes clientes qui ont besoin de passer le cap et d’avancer dans leur transition de genre. Son grand coeur et son courage m’ont époustouflé ! Déjà bien équipée lors de sa venue, c’était un plaisir de l’aiguiller dans ses choix de tenues. J’attends avec impatience les prochaines séances. Voici son portrait.

Laura, peux-tu te présenter ?

Mon nom est Laura. J’ai longtemps cherché un prénom féminin qui me convienne et finalement, j’ai trouvé celui-ci qui résonne bien chez moi et qui semble me représenter le mieux. J’aurai 49 ans en 2020 et j’habite dans les Yvelines depuis presque 20 ans. Je suis divorcé. J’ai des enfants, tous des garçons. J’aurais bien aimé avoir une fille mais le Destin en a voulu autrement. Mon divorce est en partie dû au fait que mon épouse a découvert mon exploration de genre que je voulais garder pour moi. Cependant, elle aussi avait un secret bien plus grand que le mien. Elle m’a caché beaucoup de choses durant nos 15 années de mariage.

On me pose parfois la question concernant mon genre, mon orientation sexuelle. Aujourd’hui, je me considère transgenre non-binaire. Je crois que j’oscille sur le spectre masculin/féminin par période mais avec un penchant beaucoup plus prononcé vers mon côté féminin. Quelle définition ! Mais c’est selon moi, la vraie liberté de pouvoir se définir tel que l’on souhaite. Mon orientation sexuelle est bisexuelle, enfin je crois. Je suis principalement attirée par la féminité et le corps féminin, mais il y a aussi cette part de féminin en moi qui résonne et qui semble attirée par le masculin. Je me souviens un jour avoir littéralement fondu devant un homme, subjuguée par ce qu’il dégageait. Je ne suis pas encore passée à l’acte mais j’y songe désormais. Il faudra pour cela que je trouve la bonne personne… Professionnellement, je suis à mon compte depuis 5 ans. Je travaille dans le conseil dans les technologies de l’information.  

Depuis combien de temps as-tu envie de te sentir plus femme ?

Au fond de moi, depuis ma plus tendre enfance, je ne me suis jamais sentie en cohérence avec mon genre de naissance. Je me souviens d’ailleurs que lorsque j’avais 7-8 ans, dans les années 1970s, j’avais les cheveux mi-longs et j’étais bien en chair, et, la nature m’ayant doté d’une légère poitrine naturelle depuis, on m’appelait souvent Mademoiselle. 

Je me souviens aussi que lorsque j’avais 13-14 ans, j’avais enfilé des vêtements de ma mère sous mes vêtements masculins et j’avais d’ores et déjà ressenti un sentiment de cohérence, de liberté et « d’empowerment » comme l’écrit Michelle Obama. Longtemps, j’ai refoulé cette part de féminin en moi afin d’être en conformité avec ce que l’on attendait de moi. D’ailleurs, au début de ma quarantaine, j’ai amplifié mon côté masculin en pratiquant des activités à forte connotation masculine (bricolage, mécanique, musculation, etc.). Néanmoins, mon côté féminin m’a rattrapé et j’ai dès lors accepté ma différence lui permettant d’émerger de manière ponctuelle.

Mon exploration de genre a commencé très tardivement. C’est vers mes 40 ans que j’ai découvert sur Youtube des vidéos de femmes transgenres qui expliquaient leur transition. Cela a raisonné chez moi comme une évidence. J’avais entamé une première transition à laquelle j’ai mis fin en 2016. Je me suis débarrassée de toutes mes affaires : vêtements, chaussures, maquillage, accessoires divers et variés. Je le regrette mais ce n’est pas grave, ce n’est que du matériel ! Je me suis rééquipée depuis. J’ai mis fin à ma transition car j’ai tenté de sauver mon couple, ma vie de famille, au détriment de qui je suis au fond de moi. Désormais, j’assume ma transition que j’ai reprise courant 2019 mais que je garde sous couvert, en secret. Mes enfants étant encore jeunes et compte-tenu du divorce, j’ai préféré, pour l’instant, rester silencieuse sur ce sujet mais je sais qu’un jour, ils comprendront lorsque je leur expliquerai. J’ai confiance en eux et en leur bienveillance. D’ailleurs, je discute parfois avec eux de genre, d’orientation sexuelle, de conformisme, du fait d’être qui nous voulons être. Je souhaite leur épanouissement peu importe la forme qu’elle prendra pour eux. Et puis, lorsque le jour viendra, j’espère que les graines que j’aurai semées porteront leurs fruits.

Pourquoi cette envie, qu’est ce que cela te procure ?

Mon envie de féminité a toujours été présente. Je me souviens que j’ai toujours aimé faire du shopping avec mes conjointes, leur acheter des vêtements qui les mettaient en valeur. Souvent, je pensais à l’idée qu’un jour, j’aimerais porter de tels vêtements. 

Je me souviens qu’un jour, je me suis autorisée à vivre mon côté féminin en allant faire du shopping. Quelle liberté et quel sentiment de joie ! J’étais en pleine euphorie. Je me souviens de la première fois lorsque je me suis vue habillée et maquillée. Lorsque j’ai contemplé mon reflet dans le miroir, je me suis alors dite : « Voilà, c’est moi, la vraie moi ! ». Cette envie de féminité, de me féminiser, de porter des vêtements féminins, des accessoires tels qu’une perruque, de faux cils, de faux attributs féminins, me procure une sensation de cohérence entre ce que je ressens au fond de moi et l’image que mon reflet me retourne. Je ressens également un sentiment paradoxal de vulnérabilité et de fragilité, mêlé à une meilleure confiance en moi, une meilleure estime de moi voire un sentiment de puissance. Je ressens également un certain apaisement, de la plénitude et de la joie. 

Quand as-tu décidé de passer à l’acte ?

Au début de ma quarantaine, j’ai décidé, un soir où mon épouse était absente et que mes enfants dormaient, de revêtir des vêtements de mon épouse et de me maquiller. Ce fut révélateur. Je me souviens qu’il était 5h00 du matin et que je voulais que le temps s’arrête afin de pouvoir continuer à profiter de ce sentiment de bien-être, d’adéquation que je ressentais.

As-tu des craintes vis-à-vis de la société et de ta famille ?

Oui, j’ai beaucoup de craintes par rapport à la perception des gens à mon égard mais aussi à l’égard de mes fils, en plus de leur regard sur moi. Compte-tenu du divorce, je ne désire pas alourdir leur fardeau pour le moment. Mais un jour viendra où je leur ferai mon coming-out. 

Mes parents sont au courant de mes choix, car lorsque j’ai entamé ma transition, je les avais informé. Ils ont été très compréhensifs, et m’ont soutenu. Je me souviens que ma mère me transmet régulièrement des articles sur les personnes transgenres dénichés sur Internet. Mon père lui me soutient mais reste plutôt en retrait. J’ai la chance d’avoir des parents qui m’aiment et qui ne désirent que mon bonheur et mon épanouissement.

Quelles sont les prochaines étapes dans ta féminisation ?

Tel qu’indiqué précédemment, j’ai entamé ma transition afin de féminiser mon corps. Je prends des hormones. J’envisage l’éventualité de chirurgies mais rien de concret pour l’instant puisque je veux y aller progressivement. J’envisage d’abord l’épilation définitive au niveau du visage, puis du corps. Ensuite, j’envisage une légère chirurgie pour féminiser mon visage : mes paupières sans doute.
Parfois, je songe à une augmentation mammaire et une vaginoplastie qui seront à terme 2 objectifs que je concrétiserai sans doute, mais pour l’instant rien ne presse. Je ne ressens pas de dysphorie lourde qui me fait rejeter mon corps ni mon sexe. Je compte progresser par pallier.

Une de mes plus grandes envies est de nouer des relations avec d’autres personnes qui entament un parcours similaire au miens, mais surtout, nouer une relation intime avec une femme cisgenre, que cette relation soit platonique ou sentimentale. J’aimerais avoir une amie femme avec qui je pourrais être moi, lui parler de tout, faire du shopping avec elle… Bref, partager cette part de moi que peu de personnes ont eu l’occasion de rencontrer.

Pourquoi avoir fait appel à moi ?

J’ai fait appel à toi, Jennifer après avoir découvert son site Transbeauté et sa page Facebook. Je me souviens que lorsque j’ai découvert les services que Jennifer offrait et la proximité, j’ai ressenti une immense joie et excitation. J’avais envie de concrétiser une séance de féminisation depuis très longtemps, de pouvoir avoir un avis et des conseils en matière de maquillage et de tenues. Mais avant tout, je crois que je voulais partager un moment de convivialité voire de complicité avec une femme et aussi contempler mon reflet sous un aspect le plus féminin possible. C’est ce que m’a apporté ma première séance avec Jennifer. 

Je suis arrivée avec mes affaires – beaucoup trop ! – et Jennifer a pu sélectionner les tenues qui m’iraient le mieux. Elle m’a magnifiquement maquillé et grâce à elle, j’ai trouvé une chevelure qui m’a révélé et sublimé. 

Je suis repartie de chez elle en tenue féminine et j’étais ravie de ses conseils. J’ai passé 3 heures qui ont filé à une vitesse folle. J’ai d’ores et déjà planifié un second rendez-vous pour une séance maquillage afin d’adopter les bons gestes et comprendre les bonnes techniques à appliquer.

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